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Qu'est-ce qu'une vaginite ?
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Vaginite

Mis à jour le 24 janvier 2017

Qu'est-ce qu'une vaginite ?

La vaginite est une inflammation du vagin qui peut être d’origine infectieuse ou irritative. Elle se manifeste le plus souvent par des pertes vaginales anormales et un prurit. Les mycoses vaginales sont les plus fréquentes.

La vaginite est une inflammation du vagin résultant :

  • soit d'une infection due à un champignon (mycose vaginale), une bactérie, un virus ou un parasite,
  • soit d'une irritation d’origine non infectieuse.

Elle est presque toujours associée à une irritation de la vulve (espace anatomique situé entre le clitoris et le vagin et délimité par les grandes lèvres) ; c’est pourquoi on parle généralement de "vulvovaginite".

C'est une pathologie très répandue, qui touche presque toutes les femmes au moins une fois dans leur vie. Elle peut également atteindre les petites filles.

Les causes de la vaginite

La vaginite : une affection le plus souvent infectieuse

La vaginite est le plus souvent d’origine infectieuse (deux fois sur trois environ).

Dans 50 % des cas de vaginite infectieuse, la vaginite est due à une mycose (le champignon en cause est presque toujours Candida AlbicansCandida Albicans
C'est la principale levure impliquée en pathologie humaine.
). On parle alors de vaginite mycosique ou mycose vulvo-vaginale et plus particulièrement de candidose vaginale.
Des vaginites infectieuses peuvent être causées par d'autres germes :

  • parasites (Trichomonas...) ;
  • bactéries (Mycoplasme, Gardnerella vaginalis, Chlamydia, Gonocoque...) ;
  • virus (herpès génital ...).

Certaines de ces vaginites infectieuses sont des infections sexuellement transmissibles : herpès génital, vaginite à Trichomonas, à Chlamydia, à Mycoplasme, à Gonocoque...
Consultez l'article : Qu'est-ce que les IST ?

La vaginite non infectieuse

Une fois sur trois environ, la vaginite n'est pas due à une infection. Elle peut être liée :

  • à une réaction d’intolérance à des produits chimiques (gel douche ou savon, mousse et huile de bain, gel lubrifiant, produits contraceptifs tels que les spermicides ou préservatifs, produits antimycosiques à usage local) ;
  • à une irritation mécanique (sous-vêtements synthétiques et serrés, serviettes hygiéniques...) ;
  • à la présence d’une dermatose : psoriasis, lichen, eczéma de contact aux produits d'hygiène... 

Chez les femmes ménopausées, une vulvo-vaginite non infectieuse apparaît parfois après l’arrêt des sécrétions d’hormones féminines (en particulier les estrogènes). La ménopause entraîne une atrophieatrophie
Diminution du volume d’un tissu ou d’un organe.
et une sécheresse des muqueusesmuqueuses
Tissu fin tapissant la paroi interne des cavités naturelles.
génitales
, les rendant plus sensibles aux irritations. Toutefois, les vulvo-vaginites chez les femmes ménopausées peuvent aussi avoir une cause infectieuse.

Les symptômes de la vulvovaginite

La vaginite peut se manifester par les signes suivants :

  • des démangeaisons (prurit) et/ou sensations de brûlure au niveau de la vulve et du vagin ;
  • un écoulement vaginal abondant et inhabituel ou pertes vaginales appelées leucorrhées. Cet écoulement est absent dans la vaginite non infectieuse et en cas d'herpès génital.
    Ces pertes vaginales sont :
    • blanchâtres, épaisses et ressemblant à du lait caillé dans les vaginites dues à un champignon (vaginite mycosique ou mycose vulvovaginale),
    • fluides, abondantes, grisâtres ou jaunâtres et malodorantes dans les vaginites bactériennes,
    • mousseuses et aérées dans les vaginites parasitaires.
  • des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie) ;
  • des brûlures en urinant ou difficultés à uriner ;
  • des grandes lèvres enflées, rouges et douloureuses avec parfois des vésicules.

Appareil génital féminin

appareil-genital-feminin - ©cnamts 2010
©cnamts 2010
LE SAVIEZ-VOUS ?

Il existe des écoulements vaginaux normaux

Il ne faut pas confondre les leucorrhées qui surviennent lors des vaginites avec les sécrétions génitales naturelles des femmes non ménopausées. Celles-ci sont variables selon le moment du cycle menstruel, n'ont pas d'odeur désagréable et n’entraînent pas d’irritation.
Elles sont de deux sortes :

  • des sécrétions laiteuses et peu abondantes, liées à la desquamationdesquamation
    Perte de la couche superficielle de la peau sous forme de squames (fine lamelle) sous l'effet d'un processus pathologique.
    de la muqueusemuqueuse
    Tissu fin tapissant la paroi interne des cavités naturelles.
    vaginale. Elles augmentent en deuxième partie du cycle menstruel et dans les jours précédant les règles ;
  • la glaire issue du col de l’utérus, fluide, transparente et très abondante en milieu de cycle, au moment de l’ovulationovulation
    Libération dans les voies génitales de la femme d’un ovule mature, prêt à fusionner avec un spermatozoïde pour former un œuf.
    . Elle est destinée à faciliter le trajet des spermatozoïdesspermatozoïdes
    Cellule reproductrice masculine, produite par les testicules : elle possède une tête et une queue qui lui permet de se déplacer.
    dans les voies génitales jusqu’à l’ovuleovule
    Cellule reproductrice femelle élaborée par l'ovaire.
    .

Ces sécrétions vaginales normales produites sous l'influence des hormones sexuelles (œstrogènesœstrogènes
Hormone sécrétée principalement par l’ovaire et jouant un rôle dans le cycle menstruel de la femme.
et progestéroneprogestérone
Hormone progestative synthétisée essentiellement par les ovaires pendant le deuxième partie du cycle menstruel et par le placenta au cours de la grossesse.
) disparaissent après la ménopause.

Les facteurs favorisant la vaginite

La vaginite est favorisée par :

  • le port de pantalons trop serrés provoquant quelquefois des irritations locales qui fragilisent la peau, facilitant les infections ;
  • les sous-vêtements en tissu synthétique augmentant la transpiration et la macérationmacération
    Aspect particulier de l'épiderme (qui se détache) après un contact prolongé avec l'humidité.
    , propices au développement des germes ;
  • l’excès d’hygiène (toilettes trop fréquentes et/ou avec des produits irritants, douches vaginales, utilisation de produits intravaginaux) qui peut abîmer les muqueusesmuqueuses
    Tissu fin tapissant la paroi interne des cavités naturelles.
    et entraîner un déséquilibre de la flore. Cette flore vaginale (composée de bactéries non pathogènes, essentiellement des lactobacilles) est bénéfique car elle offre une protection contre les infections par des germes pathogènes ;
  • la présence d’un corps étranger dans le vagin (ex. : tampon périodique oublié) ;
  • les rapports sexuels, à la fois cause d’irritation et vecteur de transmission de certaines infections ;
  • les traitements antibiotiques détruisant parfois des germes bénéfiques de la flore vaginale et contribuant au développement des champignons (Candida AlbicansCandida Albicans
    C'est la principale levure impliquée en pathologie humaine.
    ) ;
  • certaines maladies qui favorisent les infections (ex. : diabète) en réduisant les défenses immunitaires, de même que certains médicaments (ex. : cortisonecortisone
    Hormone synthétisée utilisée comme médicament anti inflammatoire.
    ).
LE SAVIEZ-VOUS ?

Des vaginites chez la petite fille

Chez la fillette, la vulvo-vaginite infectieuse est courante. Elle est favorisée par la fragilité des muqueusesmuqueuses
Tissu fin tapissant la paroi interne des cavités naturelles.
et par la morphologie de la vulve (petites lèvres très peu développées) qui facilite l'accès au vagin des germes provenant de l’anus.

Par ailleurs, dans cette tranche d’âge, la vaginite peut avoir des causes particulières :

  • une toilette incomplète ou avec des savons irritants ;
  • les infections urinaires ;
  • l'oxyurose ;
  • la présence d’un corps étranger (papier, coton, bille, crayon, etc.) introduit par la fillette dans son vagin. Dans ce cas, il y a souvent un écoulement malodorant, et il faut consulter en urgence.
Sources
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Infections génitales de la femme : leucorrhées. Site internet : Campus de gynécologie et obstétrique de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 20 janvier 2017]
  • National instituts of health (NIH). Vaginitis. Site internet : NIH. Bethesda (USA) ; 2013 [consulté le 20 janvier 2017]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Vulvo-vaginite de l'enfant prépubère. Site internet : CNGOF. Paris ; 2007 [consulté le 20 janvier 2017]
  • Yudin MH, Money DM, et al. Screening and management of bacterial vaginosis in pregnancy. 2008;30(8):702-16
  • Van Schalkwyk J, Yudin M H. Vulvovaginite : Dépistage et prise en charge de la trichomonase, de la candidose vulvovaginale et de la vaginose bactérienne. J Obstet Gynaecol Can 2015;37(3 eSuppl A):S1-S11
  • Bohbot J M, Sednaoui P, Verrier F, Achhammer I. Diversité étiologique des vaginites. Gynécologie Obstétrique & Fertilité. 2012;40(10):578-581.
 
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CHIFFRE CLÉ

75 % des femmes connaissent, au moins une fois dans leur vie, une vaginite due à une mycose.
Chez 8 % des femmes environ, cette vaginite est récurrente et se manifeste chaque année par plus de quatre poussées.