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Troubles du langage écrit : symptômes, détection et diagnostic
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Troubles du langage écrit

Mis à jour le 6 octobre 2016

Troubles du langage écrit : symptômes, détection et diagnostic

Les troubles du langage écrit peuvent se manifester par des confusions et inversions de sons et de lettres, des fautes d’orthographe, voire une écriture lente et illisible. Ils sont repérables très tôt par l’entourage familial et scolaire de l’enfant. Toutefois, on les diagnostique avec certitude à la fin du CE1 seulement, grâce à un bilan médical poussé.

Les symptômes des troubles du langage écrit

Plusieurs signes peuvent cohabiter, selon la nature des troubles présents chez l’enfant.

En cas de dyslexie (trouble de la lecture)

L'enfant peut rencontrer des difficultés variées et plus ou moins nombreuses, à savoir :

  • des erreurs d’identification des lettres ;
  • des confusions auditives entre des sons proches (p/b, t/d, s/z) et des mots de prononciation voisine (ex. : pain/bain), malgré une audition normale ;
  • des omissions auditives (ex. : "tabe" au lieu de "table", "pote" pour "porte") ;
  • des confusions visuelles entre des lettres de formes proches (f/t, n/r, p/q, b/d), des syllabes (ua/na, ul/lu) et/ou des mots présentant des similitudes (ex. : fache/tache),  malgré une vision normale ;
  • des inversions de lettres (ex. : "por" au lieu de "pro", "bla" pour "bal", "fitre" pour "frite"), voire des inversions ou fusions de mots (ex. : "quarantan" au lieu de "quarante ans") ;
  • des ajouts de lettres ("poltron" devient "polteron", "escapade" devient "cascapade") ;
  • des problèmes de mémorisation d’éléments perçus visuellement (dus à une perturbation de la mémoire de travail, qui stocke l’information pour quelques secondes en vue d’un usage immédiat).

En raison des troubles qu'ils présentent, les enfants dyslexiques ont habituellement plus de facilités à l’oral qu’à l’écrit, et en mathématiques qu’en français.

En cas de dysorthographie (trouble de l’expression écrite)

Ce trouble, faisant suite à la dyslexie, se manifeste par :

  • de nombreuses fautes d’orthographe ;
  • l’absence fréquente de conjugaison des verbes ;
  • des erreurs grammaticales, rendant les phrases peu cohérentes.

En cas de dysgraphie (trouble de l’écriture)

L’enfant est incapable de se concentrer à la fois sur l’écoute, la compréhension des mots et le fait de tracer des lettres. Aussi, il écrit lentement, et cela le fatigue. Son écriture est plus ou moins lisible, à cause d’une irrégularité :

  • dans la forme des lettres ;
  • au niveau des espaces (entre les lettres d’un même mot et/ou entre les mots).

Ces difficultés peuvent aller jusqu’à une agraphie (incapacité à écrire  en raison de difficultés dans l’usage du crayon).

La détection des troubles du langage écrit chez l’enfant

L’identification précoce des troubles du langage écrit permet une prise en charge plus rapide, favorise une bonne évolution et facilite la scolarisation de l'enfant. Elle peut se faire de plusieurs façons.

Le repérage précoce des troubles du langage écrit

Il consiste à déceler d’éventuels facteurs de risque et signes liés aux troubles du langage écrit (qui se déclarent parfois très tôt). Cette démarche peut être menée par :

  • la famille de l’enfant ;
  • les professionnels de l’enfance (assistantes maternelles, personnel d’une crèche ou d’un centre de protection maternelle et infantile, équipe éducative en maternelle puis en primaire) ;
  • le personnel de la médecine scolaire (médecin, infirmière).

Les signes d’alerte

Les signes possibles sont variés, par exemple :

  • L’enfant n’arrive pas à lacer ses chaussures ou à boutonner ses vêtements, ou présente une instabilité de l’attention et du mouvement.
  • Il parle mal (ex. : à 4 ans, il n’emploie pas d’articles, ne conjugue pas les verbes, n’utilise pas le "je" pour parler de lui, construit mal ses phrases).
  • Il éprouve des difficultés à percevoir la segmentation des mots en syllabes (ex. : dans un jeu de rimes, il n’identifie pas la sonorité commune entre "patte" et "chatte").
  • L’enfant de 5 ans ou plus n’arrive pas à dire ce qu’il veut, ni à reconstituer une histoire à partir d’images. Il dessine des bonhommes mal structurés. De plus, il maîtrise mal les repères spatiaux (dessous/dessus, devant/derrière, haut/bas) et/ou temporels (matin, midi, soir).
  • Son comportement change. Il se renferme sur lui-même, présente une fatigue anormale malgré un rythme de sommeil régulier, voire des troubles de l’attention.
  • L’enfant est à l’école primaire et il écrit lentement. Cela provoque chez lui une fatigue et des crampes. Ses cahiers sont peu soignés (nombreuses ratures, dégradation de l’écriture au fur et à mesure de l’exécution de la tâche).

Le dépistage des troubles du langage écrit

Il correspond à la recherche systématique d’un trouble déclaré du langage écrit, par un médecin formé (médecin traitant ou de protection maternelle et infantile, médecin scolaire, pédiatre).
Cette démarche repose sur la réalisation de tests adaptés à l’âge de l’enfant. Ils sont programmés à plusieurs périodes clés, à savoir :

  • dès l’âge de 2 ans en cas d’antécédents familiaux ;
  • à 4 ans (acquisition de la connaissance des lettres) ;
  • à 6 ans (lors de la visite médicale scolaire) ;
  • entre 7 et 9 ans (c’est-à-dire en fin de CP ou de CE1, pendant l’apprentissage de la lecture ou lorsqu'il se termine).

Quand et comment les troubles du langage écrit sont-ils diagnostiqués ?

Au-delà de 18 à 24 mois de retard d’apprentissage de la lecture et de l’écriture par rapport au niveau requis, on peut poser le diagnostic de dyslexie, ainsi le diagnostic de trouble du langage écrit ne peut être posé avec certitude qu’à la fin de l’année de CE1 (période où la majorité des enfants maîtrisent la lecture et l’écriture).
Le diagnostic repose sur la réalisation d’un bilan complet, permettant :

  • de définir la sévérité de l’affection et ses caractéristiques ;
  • de détecter une éventuelle pathologie auditive, visuelle, neurologique, psychologique ou psychiatrique, à l’origine des troubles.

Ainsi, le médecin traitant peut prescrire divers examens, à savoir : 

  • un bilan systématique chez un orthophoniste (auxiliaire médical spécialiste de la rééducation du langage) ;
  • un examen ophtalmologique et/ou un bilan orthoptique (étudiant la motricité des yeux), principalement si l’enfant présente des maux de tête en fin de journée ;
  • un test d’audition (audiogramme) mené par un oto-rhino-laryngologiste ou "ORL" (spécialiste des oreilles, du nez et de la gorge), en particulier en cas d’otites à répétition, ou si une atteinte de l’audition est suspectée ;
  • une consultation psychologique comprenant la réalisation d’un test de quotient intellectuel (QI) et/ou de tests de personnalité ;
  • un bilan psychomoteur, si une dyspraxie est suspectée ;
  • éventuellement, un rendez-vous chez un neuropédiatre (pédiatre spécialiste des maladies du système nerveux), en cas de troubles complexes des apprentissages.

Le bilan médical permet de préciser le type de dyslexie diagnostiqué

Des examens médicaux poussés sont indispensables pour préciser les caractéristiques de cette affection, qui peut prendre plusieurs formes :

  • La dyslexie phonologique entraîne une confusion des sons et une difficulté à les assembler pour former des mots. On observe aussi un problème de transcription des lettres en sons. Cela rend difficile la lecture de mots nouveaux, et pousse l’enfant à favoriser la lecture globale. Cette forme de la maladie peut être d’origine génétique.
  • La dyslexie "de surface" est due à une mauvaise reconnaissance visuelle des lettres et des mots. Ainsi, ces enfants lisent et écrivent mal les mots graphiquement éloignés de leur sonorité ("femme" devient "fame"). Ils maitrisent mal les syllabes complexes ("euil", "oin"). De plus, ils lisent lentement, car ils mémorisent peu ou pas l’orthographe des mots et hésitent sur leur sens.
  • La dyslexie "mixte" associe les formes phonologiques et de surface.
  • La dyslexie visuo-attentionnelle perturbe l’analyse des mots et des textes, à cause d’un trouble de l’attention. Elle se manifeste par la substitution de mots visuellement proches (asseyez/essayez) et le fait de sauter des lignes en lisant un texte.
À RETENIR

L’apprentissage du langage écrit nécessite au total un ou deux ans, et n’est terminé qu’à la fin du CE1 pour la plupart des enfants. En posant le diagnostic de dyslexie à cette période, on est certain d’être en présence de cette affection, et non d’un simple retard d’acquisition du langage écrit.

SOURCES
  • Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Troubles "dys" de l’enfant. Guide ressources pour les parents. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 9 septembre 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Les troubles du langage et des apprentissages. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2016 [consulté le 6 septembre 2016]
  • Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). L’évolution du langage chez l’enfant : de la difficulté au trouble. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 9 septembre 2016]
  • Société française de pédiatrie (SFP). Les troubles de l’évolution du langage chez l’enfant–Guide pratique. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2007 [consulté le 2 septembre 2016]
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