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Symptômes, diagnostic et évolution de l'anorexie mentale et de la boulimie
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Troubles du comportement alimentaire : anorexie et boulimie

Mis à jour le 9 février 2016

Symptômes, diagnostic et évolution de l'anorexie mentale et de la boulimie

Le diagnostic de l’anorexie mentale et de la boulimie repose sur des critères cliniques et des symptômes précis. Ces pathologies s’installent de manière insidieuse durant un temps plus ou moins long, généralement à l’adolescence. Cependant il est nécessaire d’en repérer rapidement les symptômes afin d’assurer une prise en charge la plus précoce possible afin de prévenir l’évolution vers la chronicité et les complications pouvant aller jusqu’à mettre en jeu le pronostic vital.

Les principaux troubles du comportement alimentaire, l’anorexie mentale et la boulimie, se manifestent par des symptômes qui doivent faire l’objet d’un repérage précoce afin de prévenir le risque d’évolution vers une forme chronique ainsi que les complications somatiques, psychiatriques ou psychosociales. Le diagnostic précoce facilite également la relation entre le patient et son environnement familial.

Anorexie mentale : symptômes et diagnostic

Symptômes de l'anorexie mentale

Les troubles du comportement alimentaire s’installent insidieusement chez la jeune personne souvent sous prétexte d’un régime alimentaire amaigrissant. Un rapport obsessionnel avec la nourriture s'installe avec la volonté de perdre toujours plus de poids. Rapidement, toute l'activité psychique se concentre sur le poids, la minceur et sur l'invention de stratégies pour refuser l'alimentation.

Chez la jeune fille, certains signes peuvent alerter la famille :

  • À table, la jeune fille anorexique se soucie énormément de ce que les autres membres de la famille mangent. Elle n'hésite pas à les resservir et même à leur préparer des plats, de sorte que personne ne remarque qu'elle n'a presque rien mangé. Elle-même trie la nourriture qu’elle mange et exclut les aliments riches en calories ; elle évite les repas, invente des stratégies pour refuser l’alimentation.
  • La jeune fille maigrit et cache son amaigrissement sous des vêtements amples ou l'exhibent avec fierté par des vêtements de taille de plus en plus petite.
  • Elle n’a plus ses règles ou présente des règles très espacées alors qu’elle était jusque-là bien réglée.
  • Elle fait preuve d'une incroyable vitalité, se surinvestit dans ses études, fait beaucoup de sport... Si bien que son entourage ne se doute de rien pendant longtemps.

Chez le jeune homme, l’anorexie mentale (10 % des cas) présente quelques particularités :

  • l’anorexie est plus souvent associée à des phases de boulimie ;
  • l’hyperactivité est plus fréquente que l’hyper investissement intellectuel.

Le diagnostic de l'anorexie mentale

Il repose sur l'association de différents critères pouvant varier selon l’âge mais toujours associés à une perturbation de l’image du corps.

Chez l’adolescent :

  • Ralentissement de la croissance staturale avec infléchissement de la courbe de corpulencecourbe de corpulence
    Courbe qui permet de suivre l'évolution de l'IMC de l'enfant au cours de sa croissance (présente dans les carnets de santé depuis 2005).
    (courbe de l’indice de masse corporelle) ;
  • Problème de poids et restriction alimentaire ;
  • Retard pubertaire ;
  • Chez la jeune fille, absence de règles pendant au moins trois cycles consécutifs (aménorrhéeaménorrhée
    Absence de règles chez une femme en âge d'être réglée.
    ) ou cycles irréguliers plus de 2 ans après l’apparition des premières règles ;
  • Hyperactivité physique ;
  • Hyperinvestissement intellectuel.

Chez l'adulte :

  • Perte de poids supérieure à 15 % ;
  • Indice de masse corporel (IMC) inférieur à 18,5 kg/m2 ;
  • Refus de prendre du poids malgré un IMC faible ;
  • Femme ayant une aménorrhéeaménorrhée
    Absence de règles chez une femme en âge d'être réglée.
    secondaire ;
  • Homme ayant une baisse marquée de la libidolibido
    Désir sexuel
    et de l’érection ;
  • Hyperactivité physique ;
  • Hyperinvestissement intellectuel ;
  • Infertilité.
LE SAVIEZ-VOUS ?

Chez l'enfant, avant la puberté, les signes évocateurs d'anorexie mentale sont plus difficiles à reconnaître :

  • la croissance de l'enfant ralentit ;
  • sur la courbe de corpulencecourbe de corpulence
    Courbe qui permet de suivre l'évolution de l'IMC de l'enfant au cours de sa croissance (présente dans les carnets de santé depuis 2005).
    (Indice de Masse Corporelle – IMC), le poids de l'enfant baisse ;
  • des nausées ou des douleurs abdominales répétées sont courantes ;
  • les signes de puberté n’apparaissent pas ou sont retardés : chez les filles, absence de développement des seins et d’apparition des règles ; chez les garçons, absence de développement des organes génitaux.

Au moindre doute, consultez votre médecin.

Reconnaître la boulimie

Les symptômes de la boulimie

Ce trouble du comportement se manifeste sous la forme de pulsionspulsions
Tension ou excitation interne qui devient difficile à supporter et demande une satisfaction rapide.
, appelées aussi crises, auxquelles la personne boulimique ne peut résister. La crise de boulimie se traduit par des comportements et des signes typiques :

  • elle se déroule presque toujours en dehors des repas et en cachette ;
  • durant la crise, la personne boulimique mange rapidement, sans pouvoir s'arrêter, des quantités importantes d'aliments (tous ceux à portée de main) ;
  • le plus souvent, ces aliments ne sont ni cuits, ni préparés. Le but n'est pas de se faire plaisir en mangeant ce que l'on aime, mais vraiment de se "remplir" ;
  • après la crise, la personne boulimique ressent une impression de malaise, de remords et de dégoût de soi ;
  • dans près de la moitié des cas, la personne boulimique provoque des vomissements, parfois suivis d'une autre crise boulimique ;
  • en dehors des crises, la personne boulimique fait très attention à ne pas grossir, quitte à prendre des laxatifs ou à pratiquer une activité physique intense. Elle est donc rarement obèse.

En général, les crises de boulimie apparaissent suite à un stress. Malgré tous ses efforts pour résister, le malade finit par céder, en ayant la sensation de perdre tout contrôle.

Le diagnostic de la boulimie

Il repose sur l'association des critères suivants :

  • la répétition d'épisodes boulimiques (consommation rapide d'une grande quantité d'aliments) ;
  • la sensation de perdre le contrôle de la prise de nourriture lors des épisodes boulimiques ;
  • la moyenne hebdomadaire d'au moins deux épisodes boulimiques et ce, depuis au moins trois mois ;
  • le recours récurrent à des comportements compensatoires inappropriés destinés à prévenir la prise de poids. La nature des moyens utilisés détermine deux formes de boulimie : soit avec prise de laxatifs, de diurétiquesdiurétiques
    Qui augmente la quantité d'urine produite par les reins.
    , de médicaments coupe–faim, vomissements provoqués, soit avec pratique du jeûne ou d’exercice physique intensif ;
  • l'intérêt exagéré porté à son corps et à son poids.

L’hyperphagie boulimique se manifeste par des épisodes récurrents de crises de boulimie avec perte de contrôle sur le comportement alimentaire mais sans association à des comportements compensatoires inappropriés. Le diagnostic peut être posé lorsque les crises surviennent au moins une fois par semaine depuis 3 mois. La gravité du trouble est déterminée par la fréquence hebdomadaire des épisodes.

L'évolution de l'anorexie mentale et de la boulimie

La guérison des troubles du comportement alimentaire

Il est possible de guérir des troubles du comportement alimentaire même si l'évolution est souvent longue et fluctuante.
Cette guérison est favorisée par une prise en charge précoce. En effet, elle permet de réduire les souffrances physiques et psychologiques du malade et de ses proches. Cette prise en charge précoce prévient également l'évolution vers une forme chronique (les symptômes persistent plus de cinq ans) ainsi que la survenue de complications.

Les complications sur le plan psychique et retentissement social

Complications affectant le corps

En ayant recours aux vomissements, aux laxatifs et aux diurétiquesdiurétiques
Qui augmente la quantité d'urine produite par les reins.
, les personnes anorexiques ou boulimiques ont un risque accru de développer des complications :

  • altération de l'émail des dents, développement de caries, lésions des gencives dues à l'acidité des sécrétions provenant de l'estomac lors des vomissements ;
  • lésions digestives, en particulier de l'œsophage, dues à l'acidité des vomissements ;
  • perturbations métaboliques (perte de potassium), responsables de troubles cardiaques ou rénaux.

La dénutrition, souvent importante dans l'anorexie, est responsable de carences néfastes pour les muscles, y compris le cœur, pour les os (ostéoporose précoce), pour le fonctionnement hormonal (aménorrhéeaménorrhée
Absence de règles chez une femme en âge d'être réglée.
et troubles de la fertilité) et les cheveux (perte de cheveux).

Complications sur le plan psychique et retentissement social

  • La dénutrition et la perception déformée de soi-même peuvent participer à une aggravation du manque d'estime de soi. Peuvent apparaître une hyperémotivité, une impulsivité, une anxiété, des pensées obsessionnelles, une dépression et des idées suicidaires).
  • Le manque d'estime de soi et les obsessions alimentaires induisent un isolement social, un repli sur soi et, parfois, une interruption des études et de l'activité professionnelle.
LIEN UTILE

Le site Fil santé jeunes vous informe sur les troubles du comportement alimentaire.

L’équipe de Fil santé jeunes est joignable au 0800 235 236 tous les jours (7js sur 7) de 9 h à 23 h. Ce numéro est gratuit et anonyme.

Ce service permet de parler, de façon anonyme, avec une personne compétente apportant des réponses à tout besoin d'écoute, d'informations, de conseil et d'orientation. Il est d'abord ouvert aux jeunes, mais aussi à toute autre personne, qu'elle soit parent ou non.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations de bonne pratique. Anorexie mentale : prise en charge. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2010 [consulté le 18 décembre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actualités et Pratiques. Anorexie mentale : un repérage précoce et un suivi pluridisciplinaire. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2011 [consulté le 18 décembre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Boulimie et hyperphagie boulimique. Repérage et éléments généraux de prise en charge : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2015 [consulté le 18 décembre 2015]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Mieux comprendre les troubles du comportement alimentaire. Site internet : Inpes. Saint-Denis ; 2008 [consulté le 18 décembre 2015]
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INFO PRATIQUE

L’infirmière ou le médecin de santé scolaire peuvent être les premiers à repérer les signes avant-coureurs du trouble. Il est important qu’ils les signalent à la famille.

À TÉLÉCHARGER
LIEN UTILE

Comment repérer une personne atteint d'anorexie mentale ? L'interview du Pr Philippe Jeammet, pédopsychiatre et professeur émérite à l'Université Paris Descartes, sur le site de la Haute Autorité de santé (HAS)