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Salpingite : symptômes, diagnostic et évolution
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Salpingite

Mis à jour le 21 décembre 2015

Salpingite : symptômes, diagnostic et évolution

Dans de nombreux cas, la salpingite passe inaperçue et le diagnostic est fait tardivement lors d’un bilan de stérilité. Dans d’autres cas, la maladie se manifeste par des symptômes aigus (douleurs du bas-ventre, pertes vaginales, fièvre…). Une prise en charge médicale urgente est alors nécessaire, et un diagnostic complet est réalisé (analyses d’urine, sanguines, bactériologiques…).

Le plus souvent, la salpingite est asymptomatique et le diagnostic est posé tardivement lors d’un bilan de stérilité.
Si des symptômes évoquant la maladie apparaissent (salpingite aiguë), la prise en charge médicale est urgente pour éviter la survenue de complications.

Les symptômes de la salpingite aiguë

Plus ou moins associés, ces symptômes peuvent être variés :

  • des douleurs dans le bas ventre, d’un ou des deux côtés du corps, irradiant dans les cuisses et les organes génitaux externes (grandes lèvres en particulier). Elles sont majorées lors des rapports sexuels, en fin de journée et/ou à l’effort ;
  • une fièvre souvent élevée (38,5 à 40 °C) ;
  • des leucorrhées (écoulement provenant du vagin) souvent abondantes, de couleur jaunâtre, voire purulentes ;
  • des brûlures lors de la mictionmiction
    Action d'uriner.
    et un besoin fréquent d’uriner (pollakiurie) ;
  • des métrorragies (pertes de sang issu de l’utérus, en dehors des règles) ;
  • des ballonnements abdominaux, des nausées et/ou une constipation.
LE SAVIEZ-VOUS ?

Les sensations douloureuses liées à la salpingite peuvent remonter jusqu’au foie

Dans 15 à 20 % des cas, les douleurs se manifestent jusque sous les côtes, à droite. Ce phénomène révèle une inflammation de l’enveloppe (capsule) entourant le foie. On parle alors de "capsulite périhépatique".

Le diagnostic de la salpingite aiguë

Lors de la consultation, le médecin traitant examine sa patiente (toucher vaginal, palpation abdominale). En cas de salpingite, le vagin, l’utérus mais aussi les trompes de Fallopetrompes de Fallope
Tube musculaire reliant l'ovaire à l'utérus et dans lequel l'ovule, libéré par l'ovaire, est fécondé par un spermatozoïde puis transporté jusqu'à l'utérus.
et les ovairesovaires
Organe de l’appareil reproducteur féminin, produisant les ovules et secrétant les hormones sexuelles : les œstrogènes et la progestérone.
peuvent se révéler douloureux lors de l’examen gynécologique.

Les examens complémentaires

Pour confirmer le diagnostic de salpingite, le médecin prescrit plusieurs examens :

  • des analyses sanguines, afin de rechercher une augmentation des globules blancs révélatrice d’une infection et des signes d’inflammation ;
  • des sérologies (recherche d’antigènesantigènes
    Substance reconnue par l'organisme comme étrangère et provoquant une réaction immunitaire avec fabrication d'anticorps contre elle.
     et d’anticorps dans le sang) pour diagnostiquer la syphilis, l’hépatite B, l’hépatite C et le VIH/sida ;
  • des prélèvements bactériologiques, afin d’identifier le germe en cause et de réaliser un antibiogrammeantibiogramme
    Analyse permettant de tester l'efficacité de plusieurs antibiotiques sur un germe et donc de prescrire celui auquel le germe est le plus sensible.
     (analyse de la sensibilité ou de la résistance d’une bactérie à plusieurs antibiotiques). Ils sont réalisés soit au cabinet du médecin, soit dans un laboratoire d’analyses médicales, au niveau du vagin et du col de l’utérus (à l’aide d’un spéculumspéculum
    Instrument fait de plastique ou de métal inséré dans une cavité naturelle afin d’en écarter les parois.
    ) ainsi qu’au niveau de l’urètreurètre
    Canal qui conduit l'urine de la vessie à l'extérieur où il s'ouvre par le méat urétral .Chez l'homme, il conduit aussi le sperme.
    . Si vous portez un stérilet (dispositif intra-utérin ou "DIU"), ce dernier est ôté et fait l’objet d’un examen bactériologique ;
  • un examen cytobactériologique des urines (ECBU), pour éliminer la possibilité d’une infection urinaire ;
  • une échographie pelvienne (de la partie inférieure du bassin) : elle est indispensable pour éliminer une complication de la salpingite (abcès…) ou une autre maladie. Dans les salpingites non compliquées, l’échographie peut  mettre en évidence du liquide dans les trompes ou un épaississement des parois des trompes.

Ce bilan médical permet notamment d’éliminer la présence d’une maladie provoquant des symptômes similaires à ceux de la salpingite :

  • une endométrite (infection de la muqueusemuqueuse
    Tissu fin tapissant la paroi interne des cavités naturelles.
    utérine ou "endomètre") ;
  • une appendicite ;
  • une cholécystite aiguë (inflammation de la vésicule biliaire) ;
  • une pyélonéphrite aiguë (infection du rein) ;
  • une grossesse extra-utérine (GEU) ;
  • une endométriose ;
  • une torsion ou rupture d’un kyste de l’ovaireovaire
    Organe de l’appareil reproducteur féminin, produisant les ovules et secrétant les hormones sexuelles : les œstrogènes et la progestérone.
     ;
  • une sigmoïdite diverticulaire. Il s’agit d’une inflammation (voire d’une infection) de diverticules, petites cavités anormales formées dans la paroi du colon sigmoïde (dernière partie du gros intestin).

Consulter les articles :
"Anomalies du déroulement de la grossesse"
"Symptômes, diagnostic et évolution des IST"

QUESTION-RÉPONSE

En cas de salpingite, le partenaire de la femme concernée doit-il prévoir des examens ?

Oui, le (ou les) partenaire(s) doivent aussi réaliser :

  • un examen cytobactériologique des urines ;
  • des prélèvements bactériologiques au niveau de l’urètreurètre
    Canal qui conduit l'urine de la vessie à l'extérieur où il s'ouvre par le méat urétral .Chez l'homme, il conduit aussi le sperme.
     ;
  • les sérologies de la syphilis, des hépatites virales B et C, et du VIH/sida.

Les cas où l’on pratique une cœlioscopie

En complément des différents examens, le médecin peut prescrire une cœlioscopiecœlioscopie
Méthode d'exploration et de traitement chirurgical qui se fait par l'introduction dans la cavité péritonéale d'un dispositif optique et de divers instruments permettant de voir les organes et de réaliser une intervention sans ouverture de l'abdomen.
 :

  • pour préciser ou confirmer le diagnostic ;
  • s’il suspecte une complication, par exemple en l’absence d’amélioration après 48 heures de traitement ;
  • si la patiente envisage une grossesse future (en particulier si elle n’a jamais été enceinte).

Effectuée sous anesthésie générale, cette intervention consiste d’abord à réaliser quatre petites incisions dans la paroi abdominale. Ensuite, le chirurgien insuffle un gaz dans la cavité de l’abdomenabdomen
Partie inférieure du tronc séparée du thorax par le diaphragme et limitée en bas par le bassin.
et introduit une caméra miniature, ainsi que des instruments chirurgicaux. En surveillant ses gestes sur un écran vidéo, il peut ainsi :

  • recueillir des prélèvements bactériologiques ;
  • évaluer la sévérité des lésions liées à la salpingite ;
  • réaliser un lavage de la cavité pelvienne ;
  • traiter les éventuelles lésions des trompes de Fallopetrompes de Fallope
    Tube musculaire reliant l'ovaire à l'utérus et dans lequel l'ovule, libéré par l'ovaire, est fécondé par un spermatozoïde puis transporté jusqu'à l'utérus.
    .

L’évolution de la salpingite aiguë

Traitée, une salpingite aiguë guérit sans séquelles, les symptômes disparaissant en 48 à 72 heures. Une récidive reste toutefois possible dans près de 20 % des cas :

  • si le traitement a été mal suivi ;
  • si une nouvelle contamination a lieu (par le même germe ou par un autre microbe), notamment avec la poursuite d’un comportement sexuel à risque (multiplicité des partenaires avec rapports non protégés).

En l’absence de traitement, l’évolution est imprévisible. Parfois, la salpingite guérit spontanément, avec ou sans séquelles. Dans d’autres cas, la maladie donne lieu à différents types de complications.

Les complications précoces

Rares mais sévères, elles constituent une urgence médicale, voire chirurgicale :

  • abcès de l’ovaireovaire
    Organe de l’appareil reproducteur féminin, produisant les ovules et secrétant les hormones sexuelles : les œstrogènes et la progestérone.
    ou du cul-de-sac de Douglas (repli du péritoinepéritoine
    Fine membrane formée deux feuillets : l'un tapisse la cavité abdominale et l'autre l'extérieur des viscères contenus dans l'abdomen.
    situé entre le rectum et l’utérus) ;
  • pelvipéritonite (inflammation ou infection du péritoinepéritoine
    Fine membrane formée deux feuillets : l'un tapisse la cavité abdominale et l'autre l'extérieur des viscères contenus dans l'abdomen.
    situé au niveau du petit bassin) ;
  • phlébite pelvienne des veines iliaques (proches du haut de l’os du bassin) ou situées autour de l’utérus. Cette complication est plus fréquente si la salpingite survient après un accouchement ou une interruption volontaire de grossesse.

Les complications tardives

Elles peuvent se révéler nombreuses :

  • stérilité due à des lésions altérant les deux trompes de Fallopetrompes de Fallope
    Tube musculaire reliant l'ovaire à l'utérus et dans lequel l'ovule, libéré par l'ovaire, est fécondé par un spermatozoïde puis transporté jusqu'à l'utérus.
    . Le risque de stérilité augmente en cas de récidive de salpingite. Les salpingites à Chlamydiae trachomatis provoquent peu ou pas de symptômes ; par conséquent, elles sont insuffisamment diagnostiquées et n’étant pas traitées, elles sont à l’origine de la majorité des stérilités tubaires ;
  • risque de grossesse extra-utérine (multiplié par dix après une salpingite) ;
  • douleurs pelviennes chroniques (séquelle subsistant dans 20 % des cas) ;
  • dystrophie ovarienne ou "syndrome des ovairesovaires
    Organe de l’appareil reproducteur féminin, produisant les ovules et secrétant les hormones sexuelles : les œstrogènes et la progestérone.
    polykystiques" (présence chronique de nombreux kystes sur les ovairesovaires
    Organe de l’appareil reproducteur féminin, produisant les ovules et secrétant les hormones sexuelles : les œstrogènes et la progestérone.
    , entraînant notamment des troubles des règles).
Sources
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Infections génitales de la femme – Salpingites. Site internet : Université Numérique Francophone des Sciences de la Santé et du Sport. Paris ; 2011 [consulté le 11 mai 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Trente-sixièmes journées nationales – Recommandations pour la pratique clinique : les infections génitales hautes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2012 [consulté le 11 mai 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Trente-et-unièmes journées nationales – Conduite à tenir devant une suspicion de salpingite. Site internet : CNGOF. Paris ; 2007 [consulté le 11 mai 2015]
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