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Les soins prescrits en cas d'épilepsie
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Épilepsie

Mis à jour le 29 novembre 2016

Les soins prescrits en cas d'épilepsie

Le traitement de l’épilepsie repose sur des mesures non pharmacologiques relevant de l’éducation thérapeutique (éviter les situations favorisant la survenue d'une crise d'épilepsie) et sur la prise d’un ou deux médicaments. Mais pour environ un quart des patients, ces produits restent inefficaces. Une intervention chirurgicale peut alors être envisagée, après un bilan préopératoire approfondi. D’autres types de soins sont aussi possibles selon les cas (changement de régime alimentaire, stimulation électrique d’un nerf crânien).

La prise en charge de l’épilepsie est coordonnée par le médecin traitant. Celui-ci collabore avec un spécialiste des maladies du système nerveux (neurologue, ou neuropédiatre si le patient est un enfant).

Le traitement proposé a plusieurs objectifs :

  • faire disparaître les crises (ou, à défaut, réduire leur fréquence, leur durée et leur intensité) ;
  • détecter et soigner les éventuelles complications et la comorbidité (en particulier les troubles de l’apprentissage et la dépression) ;
  • apporter une aide psychologique et sociale, pour améliorer la qualité de vie. Ce soutien peut faciliter la vie familiale, scolaire ou professionnelle (parfois perturbée par le caractère imprévisible des crises).
    Consulter l’article "Le suivi médical de l’épilepsie"

Quels peuvent être les médicaments prescrits en cas d'épilepsie ?

Les antiépileptiques servent à réguler l’activité de certaines zones du cerveau :

  • pour éviter le déclenchement de nouvelles crises d’épilepsie ;
  • pour atténuer les symptômes quand une crise se déclare néanmoins.

Il existent de très nombreux médicaments antiépileptiques. Ces traitements appartiennent à plusieurs familles de médicaments, prescrits selon le type d’épilepsie et le profil du patient. On les classe en deux catégories.

Les antiépileptiques classiques

Ce sont, par exemple, le phénobarbital, les benzodiazépines ou le valproate (ou acide valproïque).
Ces produits peuvent :

  • diminuer l’efficacité d’autres traitements (par exemple, le phénobarbital réduit l’action des pilules contraceptives) ;
  • avoir des effets secondaires modérés comme une prise de poids et graves comme ceux observés lors de la prise de valproate au cours d'une grossesse.

Valproate et prescription chez les filles, adolescentes et la femmes en âge de procréer

Le valproate possède un rôle tératogène grave lorsqu'il est pris chez une femme enceinte : il expose à un risque élevé de malformations congénitales. Les enfants exposés au valproate in utero présentent également un risque accru de troubles du développement moteur, intellectuel et comportemental (jusqu’à 30 à 40 % des cas).
C'est pourquoi, la prescription et la délivrance de valproate chez la jeune fille et la femme en âge de procréer est soumise à des conditions spécifiques et à une obligation d'information de la patiente.
Pour en savoir plus, télécharger la brochure d'information éditée par l'Agence nationale de sécurité du médicament à l'attention des patientes "Médicaments contenant du valproate et dérivés".

Les nouveaux médicaments

Il s’agit, par exemple, de la lamotrigine, du topiramate, de la gabapentine ou du lévétiracétam. Disponibles depuis les années 1990, ces médicaments sont aussi efficaces que les produits classiques. Ils induisent moins d’effets secondaires et ont moins d’interactions avec d'autres médicaments, contribuant à améliorer la qualité de vie des patients.

Le médicaments sont aussi classés selon leur action :

  • certains médicaments "dits à large spectre" comme la lamotrigine ou le topiramate agissent sur tous les types de crises ;
  • d'autres "dits à spectre étroit" comme la gabapentine ou le phénobarbital ne sont efficaces que dans certains types de crises.

En règle générale, les antiépileptiques sont utilisés selon les étapes suivantes :

  • Un premier médicament est prescrit à des doses augmentant de façon progressive, jusqu’à la dose nécessaire pour le patient.
  • Au cours du traitement, le médecin évalue l’efficacité et les effets secondaires du produit (sachant que son action peut être graduelle et plus ou moins rapide).
  • Si nécessaire, le médecin adapte sa prescription. Par exemple, il recommande un nouveau médicament ou peut décider d'ajouter un second médicament à prendre en même temps que le premier.

Quand un changement de traitement est nécessaire, il doit toujours être progressif. La période de transition entre deux traitements nécessite une certaine vigilance car le risque de nouvelle crise est augmenté.

Dans tous les cas, si vous suivez un traitement antiépileptique, signalez à votre médecin les éventuels effets secondaires (ex. : symptômes d’anémie, éruption cutanée). Il existe des solutions pour les atténuer.

Dans 30 % des cas environ, les traitements proposés restent inefficaces (même bien suivis et pendant un temps suffisant). Après un nouveau bilan, l’épilepsie est alors qualifiée de "pharmaco-résistante" (résistante aux médicaments), et d’autres soins peuvent être mis en place.

À VOIR - Le traitement de l'épilepsie

Si vous n'avez pas accès à cette solution, voici la transcription textuelle du contenu de la vidéo :

Bonjour docteur, le magazine de la santé diffusé sur France 5, explique quels peuvent être les traitements prescrits selon le type d’épilepsie diagnostiqué.

Tous droits réservés à Pulsations Multimédia-« Bonjour-Docteur »- site du portail du groupe France Télévisions spécialisé sur la thématique de la santé.

Le traitement chirurgical de l’épilepsie

En cas d’épilepsie pharmaco-résistante, une opération peut être envisagée, en fonction de :

  • la fréquence et l’ancienneté des épisodes épileptiques ;
  • leur retentissement sur la vie du patient ;
  • l’existence d’un foyer épileptogène précis (zone cérébrale où se déclarent des crises récurrentes, liées par exemple à une tumeur engendrant des lésions).

Avant toute intervention, on réalise un bilan pré-chirurgical approfondi pour :

  • mieux localiser le foyer épileptogène ;
  • vérifier s’il peut être enlevé, sans risque de handicap lié à l’ablation d’une partie du cerveau.

Pour réaliser ce bilan, on utilise l’imagerie cérébrale fonctionnelle (ensemble de techniques d’imagerie médicale permettant d’analyser le fonctionnement du cerveau). L’équipe médicale peut ainsi préconiser deux types d’examens, prescrits selon les cas.

Une tomographie par émission de positons (TEP)

Elle sert à étudier l’activité cérébrale. Pour cela, on injecte dans le bras du patient un produit dit "radiopharmaceutique" (contenant une substance radioactive). Absorbé par l’organisme, ce produit migre vers différentes zones du cerveau, selon le fonctionnement de celui-ci.
On fait ensuite passer le malade à travers un appareil circulaire (ressemblant à un scanner médical), équipé de détecteurs de radioactivité. Reliée à un ordinateur, cette machine produit des images en trois dimensions. Sur celles-ci, le médecin peut visualiser la présence de produit radioactif.
Pour compléter ces données, on les combine à celles obtenues au cours d’une IRM. L’équipe médicale dispose ainsi d’informations détaillées sur la structure et l’activité du cerveau.

Une stéréo-électroencéphalographie (SEEG)

Cet examen est prescrit lorsque la TEP n’a pas suffi à établir un bilan préopératoire complet. La SEEG utilise à la fois les techniques de l’électroencéphalogrammeélectroencéphalogramme
Tracé de l'activité électrique cérébrale, obtenue par l'intermédiaire d'électrodes placées sur le cuir chevelu.
et la stéréotaxie (procédé de repérage rigoureux d’une zone à opérer, dans les trois dimensions de l’espace). Cette démarche permet d’implanter des électrodes sous la boîte crânienne, qui captent l’activité électrique du cerveau. Ainsi, on peut localiser le plus précisément possible le foyer épileptogène.

Les images réalisées durant le bilan pré-chirurgical sont stockées informatiquement. Le chirurgien peut ensuite les utiliser durant une éventuelle opération. Ces données sont en effet employées pour la neuronavigation assistée par ordinateur (système aidant à positionner et déplacer des instruments chirurgicaux dans le cerveau).

La neurochirurgie

Elle consiste à supprimer la zone épileptogène. L'intervention est aidée par la neuronavigation assistée par ordinateur.

La radiochirurgie

Cette technique de radiochirurgie consiste à envoyer des rayons sur des cellules du cerveau ciblées très précisément, pour les détruire. Aussi appelée Gamma Knife, elle s’emploie sans ouverture de la boite crânienne.

L’électrocoagulation

Elle permet de détruire des tissus qui doivent être retirés, grâce à la chaleur générée par le passage d’électricité dans un instrument chirurgical.

Les autres traitements possibles en cas d'épilepsie

Les épilepsies résistantes aux médicaments peuvent aussi faire l’objet d’autres soins.

Le régime alimentaire cétogène

Préconisé en particulier pour certains enfants, il est très pauvre en sucres et très riche en graisses. Avec ce type d’alimentation, l’organisme produit plus de corps cétoniques, une substance naturellement active contre les convulsions et l’épilepsie.

La stimulation du nerf vague

Elle consiste à envoyer de petits courants électriques dans le nerf vague, qui relie le cerveau à plusieurs organes du corps. Pour une raison encore inconnue des médecins, cette stimulation prévient l’apparition de crises épileptiques. Pour la mettre en place, on attache des électrodes sur le nerf vague (sous la peau du cou) et on les relie à un petit boîtier générateur d’électricité. Fonctionnant comme un pacemaker, cet appareil est aussi implanté sous la peau, au niveau de la clavicule gauche.

Sources
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Épilepsies de l'enfant et de l'adulte. Site internet : Collège des enseignants en neurologie. Paris ; 2014 [consulté le 5 février 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide ALD médecin – Épilepsie grave. Site internet : HAS. Paris ; 2007 [consulté le 5 février 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Épilepsies graves. Actes et prestations. Site internet : Haute Autorité de santé. Paris ; 2016 [consulté le 23 septembre 2016]
  • Société française de Neurologie. Prise en charge d'une première crise d'épilepsie de l'adulte. Site internet : Société française de Neurologie. Paris ; 2014 [consulté le 23 septembre 2016]
  • Plouin P. Épilepsies de l’enfant. Rev Prat. 2012;62(10):1369-1414.
  • Société française de neurochirurgie – Collège des enseignants. Chirurgie de l’épilepsie. Site internet : Campus numérique de neurochirurgie. Limoges (France) ; 2006 [consulté le 5 février 2016]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Nouvelles conditions de prescription et de délivrance des spécialités à base de valproate et dérivés. Site internet : ANSM. Saint Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 3 février 2016]
  • Institut national de la Santé et de la Recherche médicale. Épilepsie. Site internet : INSERM. Paris ; 2012 [consulté le 5 février 2016].
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INFO PRATIQUE

Si vous êtes atteint d’épilepsie sévère, votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre maladie comme affection de longue durée (ALD). Cette demande est réalisée en lien avec le neurologue qui vous suit. Si elle est acceptée, les soins en rapport avec votre épilepsie sont pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie. Pour en savoir plus, consulter le site ameli.fr