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Pollakiurie : définition, symptômes et causes
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Envie fréquente d'uriner (pollakiurie)

Mis à jour le 15 décembre 2015

Pollakiurie : définition, symptômes et causes

La pollakiurie correspond au fait d’aller aux toilettes plus de 7 fois par journée et/ou plus d'une fois par nuit pour uriner en petite quantité. Ce phénomène s’accompagne parfois de fuites ou brûlures urinaires. Il peut avoir des causes très diverses : faible capacité de la vessie, infection urinaire, atteinte d’autres organes (ex. : prostate), grossesse, facteurs psychiques…

Les symptômes de la pollakiurie : comment savoir si l’envie d’uriner est trop fréquente ?

La pollakiurie correspond à une envie fréquente d’uriner. Chaque mictionmiction
Action d'uriner.
est peu abondante (souvent moins de 100 ml, soit l’équivalent d’un petit verre d’eau). En revanche, le volume total des urines émises en 24 heures reste normal.

Ces symptômes peuvent se manifester le jour et/ou la nuit :

  • une personne atteinte de pollakiurie diurne urine plus de 7 fois dans la journée, ou bien ses mictionsmictions
    Action d'uriner.
    sont rapprochées (moins de 2 heures entre 2 mictionsmictions
    Action d'uriner.
    ) ;
  • en cas de pollakiurie nocturne, ou nycturie, le patient se relève plus d'une une fois par nuit pour aller aux toilettes.

Dans les cas les plus sévères, la personne va uriner toutes les 15 à 20 minutes, et très peu à chaque fois.

La fréquence accrue des mictionsmictions
Action d'uriner.
peut être associée à d’autres signes :

  • des envies pressantes d’uriner ("mictionsmictions
    Action d'uriner.
     impérieuses") ;
  • des brûlures urinaires ;
  • des fuites urinaires appelées incontinence urinaire.

Qu’est-ce qu’une miction normale ?

En dehors de toute pathologie, le besoin d’uriner apparaît quand la pression dans la vessie augmente, parce que celle–ci se remplit d’urine. La mictionmiction
Action d'uriner.
est alors volontaire et indolore. Elle dure moins d’une minute, permet d’éliminer environ 350 ml d’urine (correspondant au contenu d’un bol de taille moyenne), et elle est complète (la vessie se vide entièrement). Enfin, elle se déroule le jour exclusivement, toutes les 3-4 heures. Toutefois, à partir de 60 ans, le fait de se lever une fois par nuit pour aller aux toilettes est considéré comme normal.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Il ne faut pas confondre "pollakiurie" et "polyurie"

La polyurie est un autre trouble urinaire occasionnant des symptômes différents :

  • le volume d’urine émis lors de chaque mictionmiction
    Action d'uriner.
    est normal (300–350 ml) ;
  • en revanche, la quantité émise par 24 heures est trop importante (> 3 litres).

Ce phénomène peut survenir par exemple :

  • en cas de diabète de type 1 (non équilibré par un traitement) ;
  • dans certaines maladies rénales chroniques ;
  • suite à la prise de médicaments diurétiquesdiurétiques
    Qui augmente la quantité d'urine produite par les reins.
     ;
  • lorsque la consommation de boissons est très importante, par exemple en cas de potomanie (besoin irrésistible de boire sans cesse) ;
  • chez les grands consommateurs de thé ou de café (effet diurétiquediurétique
    Qui augmente la quantité d'urine produite par les reins.
    ).

Les causes de la pollakiurie

Elles sont diverses.

Une maladie de la vessie, des uretères et des reins :

  • une cystite aiguë (cause fréquente de pollakiurie) ;
  • une pyélonéphrite ;
  • la présence d’un corps étranger (ex. : un calcul – agrégat de consistance pierreuse, formé de composants de l’urine comme le calcium – dans la vessie, ou dans un uretère – canal reliant le rein à la vessie), parfois à l’origine d’une colique néphrétique ;
  • une petite vessie constitutionnelle (la personne présente une vessie de petite taille) ;
  • un cancer de la vessie, ou une réduction de la capacité de celle–ci suite au traitement d’un cancer par ablation partielle, chimiothérapie endovésicale (à l’intérieur de la vessie) ou radiothérapie pelvienne (de la partie inférieure du bassin) ;
  • un dysfonctionnement lié à une atteinte du système nerveux (ou "vessie neurologique", dû par exemple à une sclérose en plaques, une maladie de Parkinson ou un accident vasculaire cérébral.
LE SAVIEZ-VOUS ?

Une envie d’uriner trop fréquente est parfois le signe d’une hyperactivité de la vessie

L’hyperactivité vésicale résulte d’une contraction anormale du muscle de la vessie, dont la cause n’est pas identifiée. Fréquente après 40 ans, surtout chez la femme, elle provoque d’importantes répercussions psychologiques et sur les activités quotidiennes.
Outre la pollakiurie, cette pathologie engendre d’autres symptômes tels que des mictionsmictions
Action d'uriner.
impérieuses, ou parfois une incontinence urinaire.

Une maladie de la prostate :

Un problème au niveau de l'urètre :

La pollakiurie est parfois liée à une pathologie touchant cette partie de l’appareil urinaire :

  • un rétrécissement de l’urètreurètre
    Canal qui conduit l'urine de la vessie à l'extérieur où il s'ouvre par le méat urétral .Chez l'homme, il conduit aussi le sperme.
     : dû à une infection, une tumeur bénigne ou maligne… ;
  • un calcul enclavé dans l’urètreurètre
    Canal qui conduit l'urine de la vessie à l'extérieur où il s'ouvre par le méat urétral .Chez l'homme, il conduit aussi le sperme.
    (bloqué).

Des maladies d’organes situés autour de la vessie :

  • un prolapsus génital ;
  • une sigmoïdite (inflammation de la dernière partie du colon) ;
  • une péritonite (infection du péritoinepéritoine
    Fine membrane formée deux feuillets : l'un tapisse la cavité abdominale et l'autre l'extérieur des viscères contenus dans l'abdomen.
    ) ;
  • une salpingite ;
  • une tumeur pelvienne ;
  • une vaginite.

La grossesse :

La pollakiurie est très fréquente chez la femme enceinte et peut survenir dès le début de la grossesse. Elle est due aux changements hormonaux et à la pression de l’utérus sur la vessie.
Consulter l’article "Désagréments de la grossesse"

Une consommation importante de thé, café ou alcool :

En plus de leur effet diurétiquediurétique
Qui augmente la quantité d'urine produite par les reins.
, ces boissons ont une action irritante au niveau vésical. Ainsi, elles sont responsables d’une pollakiurie qui cesse lorsqu’on en consomme moins.
Consulter l’article "L’alcool : définition et repères de consommation"

Des facteurs psychiques :

Les pollakiuries dites "psychogènes" surviennent dans certaines circonstances :

  • émotion provoquant un besoin d’uriner (en journée seulement) ;
  • fait d’aller aux toilettes par précaution ou "pollakiurie réflexe", par peur des fuites chez les personnes souffrant d’incontinence urinaire, ou lorsque les WC vont être moins faciles d’accès (avant une réunion, de partir de chez soi, etc.) ;
  • troubles anxieux.
Sources
  • Collège Français des urologues. Troubles de la mictionmiction
    Action d'uriner.
    . Site internet : Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Lille (France) ; 2014 [consulté le 23 septembre 2015]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) – Amblard J, Jacquetin B. Syndromes urgences–pollakiurie, mictionsmictions
    Action d'uriner.
    impérieuses et instabilité vésicale. Site internet :  CNGOF. Paris ; 2003 [consulté le 23 septembre 2015]
  • Rouprêt M, Audenet F. Pollakiurie. In : Encyclopédie médico–chirurgicale – AKOS (Traité de Médecine). Paris : Elsevier Masson ; 2012;7(4):1-3.
  • Canadian Urological Association Journal – Journal de l’Association des urologues du Canada (CUAJ – JAUC). Anticholinergiques et hyperactivité vésicale. Site internet : US National Library of Medicine – National Institutes of Health. Bethesda (États–Unis) ; 2014 [consulté le 23 septembre 2015]
 
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CHIFFRES CLÉS

Durant la grossesse :

  • - une envie d’uriner trop fréquente dans la journée touche 59 % des futures mamans au cours du 1er trimestre, 61 % pendant le 2e et 81 % en fin de grossesse ;
  • - une envie d’uriner trop fréquente dans la nuit concerne 66 % des futures mamans au cours du 3e trimestre.