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Déchirure musculaire : traitement, évolution, prévention
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Déchirure musculaire

Mis à jour le 17 décembre 2015

Déchirure musculaire : traitement, évolution, prévention

En cas de déchirure musculaire, le traitement débute par une mise au repos, voire la prise d’antalgiques. Après l’accident, il faut attendre quelques jours pour commencer la rééducation et des soins de kinésithérapie. Généralement, muscles et tendonstendons
Faisceau de tissu conjonctif résistant, élastique et fibreux, qui sert à fixer les muscles sur les os.
se réparent alors en quelques semaines, jusqu’à leur cicatrisation complète. Les complications restent rares, mais demandent parfois une intervention chirurgicale.

Le traitement en cas de déchirure musculaire

Il poursuit plusieurs objectifs :

  • permettre une cicatrisation optimale ;
  • éviter que la lésion ne devienne chronique ;
  • limiter les séquelles ainsi que le risque de récidives.

Les mesures prises dans les premiers jours

Le médecin recommande un repos de durée variable selon la gravité de la déchirure musculaire (6 semaines en cas de rupture musculo–tendineuse totale).

Par ailleurs, des antalgiques (paracétamol) sont prescrits. À ce stade, on évite en revanche l’aspirine (risque de majoration d’un éventuel saignement) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens qui ralentissent la régénération musculaire.

La kinésithérapie

En cas de déchirure musculaire de grade I, des massages et une rééducation kinésithérapique peuvent commencer quelques jours après l’accident.
Dans les autres situations (grades II et III), la rééducation fait appel, pendant quelques semaines, à :

  • des séances d’ultrasonsultrasons
    Vibrations sonores de fréquence trop élevée pour qu'une oreille humaine puisse les percevoir, utilisées en médecine pour le diagnostic (échographie...) et dans certains traitements (traitement par la chaleur...).
    (vibrations de même nature que les ondes sonores, qui réduisent l’inflammation et améliorent la circulation sanguine) ;
  • la cryothérapie, un traitement par le froid qui atténue la douleur et diminue l’œdème (gonflement) ;
  • la balnéothérapiebalnéothérapie
    Traitement utilisant les bienfaits thérapeutiques des bains.
    (bains).

Dans tous les cas, le kinésithérapeute veille à la bonne tolérance des soins.

Pour certaines lésions du membre inférieur (mollet), le port d’une semelle orthopédique se révèle parfois utile, afin de favoriser la reprise progressive d’un appui au sol.

La chirurgie

Elle peut être prescrite pour :

  • ponctionner un hématome volumineux qui comprime d’autres parties du membre, sous échographie ;
  • réparer un muscle et un tendontendon
    Faisceau de tissu conjonctif résistant, élastique et fibreux, qui sert à fixer les muscles sur les os.
    après une rupture complète (situation rare).

L’évolution d’une déchirure musculaire

Elle se déroule le plus souvent sans complication, en trois phases.

L’inflammation initiale

Elle correspond aux tous premiers jours après l’accident. Comme ce processus inflammatoire prépare la régénération des muscles et tendonstendons
Faisceau de tissu conjonctif résistant, élastique et fibreux, qui sert à fixer les muscles sur les os.
, on évite de prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) durant cette période.

La reconstruction

À partir d’une semaine après la déchirure musculaire, les lésions musculaires se réparent peu à peu, et un nouveau tissu conjonctif se met en place. Cette phase peut se prolonger jusqu’à 70 jours.

Le remodelage du muscle

Il correspond à la cicatrisation proprement dite, qui s’étend parfois sur plusieurs mois.

Dans certains cas, la réparation musculaire peut entrainer :

  • une cicatrisation dite "hypertrophique" (cicatrices dures et volumineuses) ;
  • des rétractions musculaires (raccourcissement ou diminution anormale du volume du muscle) ;
  • l’apparition d’un "faux kyste" (formation d’une petite poche de liquide à l’intérieur du muscle) ;
  • une calcification (dépôt de calcium dans les tissus) au niveau d’un hématome.

Ces complications nécessitent parfois une intervention chirurgicale. Un traitement précoce et adapté de la déchirure limite leur apparition.

La guérison et la reprise des activités sportives

Enfin, afin d'éviter les récidives, la reprise du sport n’est possible qu’après la guérison complète de la blessure (délai variable selon la lésion et le type d’activité).
Les lésions sont considérées comme guéries :

  • lorsqu'il n'existe plus de douleurs, ni au repos, ni à l'étirement, ni à la contraction musculaire,
  • si la récupération de la mobilité est complète,
  • si la force du membre est redevenue normale.
QUESTION-RÉPONSE

Peut–on prévenir les déchirures musculaires ?

Dans une certaine mesure, il est possible d’éviter les déchirures d’origine intrinsèque, en adoptant de nouvelles habitudes :

  • adapter sa pratique sportive à ses capacités physiques et ne pas s’entraîner au–delà de ses possibilités (pas de surentraînement) ;
  • s’échauffer suffisamment, sans oublier les étirements avant et après l’effort ;
  • prévoir un temps de récupération adéquat et proscrire les reprises trop brutales ;
  • boire assez d’eau (plus de 1,5 l/jour) et rester vigilant face à la déshydratation, surtout par temps chaud ;
  • avoir une alimentation équilibrée ;
  • bien se protéger en cas d’activité physique par temps froid ;
  • garder une bonne hygiène de vie (sommeil suffisant…)

Consulter l’article "Déchirure musculaire : définition, symptômes, causes et facteurs de risque"

Sources
  • Isner–Horobeti ME – Séminaire national Diplôme d’études spécialisées Médecine physique et de réadaptation (DESMPR). Accidents musculaires. Site internet : Cofemer. Paris ; 2014 [consulté le 17 septembre 2015]
  • Frémont P, Côté C. Les blessures musculaires : prévention, traitement et réadaptation. Le clinicien. 2001;16(10):143-155.
  • Bacquaert P. Déchirure musculaire, élongation, claquage. Site internet : IRBMS. Villeneuve d’Ascq (France) ; 2014 [consulté le 17 septembre 2015]
  • National Health Service (NHS). Treating sprains and strains. Site internet : NHSchoices. Londres ; 2014 [consulté le 17 septembre 2015]
  • Christel P, De Labareyre H, Thelen P, De Lecluse P. Pathologie traumatique du muscle strié squelettique. In : Encyclopédie médico–chirurgicale. Appareil locomoteur. Paris : Elsevier Masson ; 2005.15-140-A-10.
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