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Artérite des membres inférieurs : symptômes, diagnostic, évolution
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Artérite des membres inférieurs

Mis à jour le 16 décembre 2015

Artérite des membres inférieurs : symptômes, diagnostic, évolution

L’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs peut rester longtemps asymptomatique. Le premier symptôme est une douleur dans la jambe à la marche, liée au rétrécissement du diamètre d’une artère, qui diminue la circulation sanguine. Parfois, la peau du membre devient sèche, pâle et froide. Sans traitement, il y a un risque de gangrènegangrène
Mort d’un tissu, par absence d’apport d’oxygène, liée à l’obstruction d’une artère.
ou d’obstruction brutale de l’artère, nécessitant une intervention chirurgicale urgente. Le diagnostic d’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
est posé notamment à partir d’un échodoppler artériel.

Les symptômes de l'artérite des membres inférieurs (ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs)

L’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs
peut demeurer longtemps silencieuse (sans symptômes) et être découverte par hasard, lors d'un examen pour un autre motif, lors d’un bilan lié à la présence de facteurs de risque cardiovasculaire ou d'une autre pathologie cardiovasculaire (ex : angine de poitrine).

L’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
peut également être découverte lors d’une complication aiguë due à l’obstruction brutale de l’artère par un caillot de sang (thrombosethrombose
Formation d'un caillot dans un vaisseau sanguin.
), ce qui engendre une ischémie aigüe des muscles de la jambe (il s’agit alors d’une urgence médico–chirurgicale).

Le plus souvent, les premiers symptômes apparaissent progressivement quand le rétrécissement (sténosesténose
Rétrécissement pathologique permanente du calibre d'un organe, d'un orifice ou d'un canal.
) du diamètre de l’artère atteinte gêne la circulation sanguine, causant une ischémie progressive des tissus situés plus bas dans le membre.

La maladie se manifeste d’abord par une douleur dans la jambe, ressemblant à une crampe musculaire. Habituellement, celle-ci survient à la marche (parfois pendant la montée des escaliers) et s’accentue peu à peu, obligeant la personne à s’arrêter.
Elle disparaît en moins de 10 minutes (généralement en 1 à 3 minutes) au repos, pour réapparaître à la reprise de l’effort : on parle de claudication intermittente. Pour évaluer ce phénomène, on distingue deux types de distances :

  • le périmètre de gêne, distance en mètres parcourue à la marche sur terrain plat, à partir de laquelle survient la douleur ;
  • le périmètre de marche, distance couverte dans les mêmes conditions, mais obligeant à l’arrêt de l’effort.

Ces distances peuvent diminuer sur un terrain accidenté, en cas d’exposition au froid ou au vent, ainsi qu’en période postprandiale (après le repas). Elles varient également en fonction de la sévérité de la maladie : plus le stade est avancé, plus la distance est courte (elle est parfois réduite à 50–100 m).

L’endroit où se déclare la douleur aide le médecin à définir quelle est l’artère atteinte, et à quel niveau.

POINT VIGILANCE

Les formes asymptomatiques d’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs sont plus fréquentes chez les patients présentant un diabète. En effet, les personnes diabétiques peuvent présenter une atteinte des nerfs (neuropathieneuropathie
Affection des nerfs périphériques.
sensitive), qui atténue les sensations douloureuses.

La personne atteinte d’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs peut également ressentir d’autres symptômes apparaissant lorsque l'artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
évolue :

  • Une douleur ressemblant à une brûlure survient parfois, après quelques minutes à quelques heures en position couchée (le plus souvent la nuit). Elle est responsable d’une insomnie, car elle oblige à laisser la jambe pendante au bord du lit ou à se lever. Elle résiste souvent aux antalgiques et témoigne d’une aggravation de la maladie si elle persiste plus de 15 jours
  • Des troubles de l’érection peuvent apparaître chez l’homme, si l’aorte abdominale est obstruée là où elle se divise en deux artères iliaques (syndrome de Leriche).
  • Des troubles liés à la mauvaise vascularisation se manifestent parfois au niveau des pieds, par :
    • une modification de la peau, qui devient sèche, pâle : elle pèle et perd ses poils (dont la repousse est aussi moins rapide),
    • une tendance des ongles à devenir cassants,
    • une diminution de la température de la peau, par rapport au pied opposé non touché par l’artériteartérite
      Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
      ,
    • une pâleur des orteils (ou du pied entier) quand le membre inférieur est surélevé, ou à l’inverse, une teinte bleu–violet quand la jambe est en déclivité (pendante au bord du lit ou en station débout).

À un stade plus sévère, la maladie peut aussi causer :

  • un retard de cicatrisation d’éventuelles petites plaies ;
  • l’apparition d’ulcères (zones où la peau perd de sa substance) profonds et creusants, généralement au niveau du pied.

Enfin, en l’absence de traitement, une gangrènegangrène
Mort d’un tissu, par absence d’apport d’oxygène, liée à l’obstruction d’une artère.
(destruction ou "nécrose" des tissus) peut se développer. Elle touche initialement les orteils, mais sans traitement dispensé à temps, elle s’étend parfois au pied, puis à la cheville.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les 4 stades de l’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs selon la sévérité des symptômes

  • Stade I : absence de symptômes, mais disparition d’un ou plusieurs pouls à la palpation.
  • Stade II : douleur à la marche, avec claudication intermittente liée à l’ischémie musculaire, survenant à l’effort. On divise ce stade en 2 sous–classes : stade II faible (si la claudication n’est pas gênante) et stade II fort (si elle est gênante, voire invalidante).
  • Stade III : douleur au repos, due à l’ischémie chronique des tissus.
  • Stade IV : ischémie sévère avec présence de troubles trophiques, voire gangrènegangrène
    Mort d’un tissu, par absence d’apport d’oxygène, liée à l’obstruction d’une artère.
    .

Le diagnostic d’artérite des membres inférieurs

La consultation médicale

Le diagnostic repose sur l’analyse des symptômes, la recherche à l'interrogatoire de tous les facteurs de risque et l’examen du patient, qui comprend plusieurs étapes.

  • La palpation des pouls (battements des artères traduisant les contractions du cœur) permet de vérifier la perméabilité de l'artère et de comparer la manière dont le sang circule dans les deux jambes (sachant que chez 10 à 15 % des individus, les pouls au niveau du pied sont absents dès la naissance).
  • L’auscultation des pouls recherche un souffle au niveau d’une artère (bruit de soufflet indiquant un rétrécissement de son diamètre).
  • La mesure de l’index de pression systolique (IPS) s’effectue à l’aide d’un stéthoscope spécifique (stétho–dopplerdoppler
    Examen qui permet d'explorer la façon dont le sang circule dans les vaisseaux ou dans le cœur.
    ), en deux temps : le médecin mesure la pression artérielle (PA) au niveau de la cheville, puis il la compare à la PA mesurée au bras, en calculant le rapport PA à la cheville / PA au bras (qui représente l’IPS).
    La valeur normale de l’IPS est comprise entre 0,9 et 1,3. Si le résultat obtenu est inférieur à 0,9, on peut porter le diagnostic d’artériteartérite
    Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
    des membres inférieurs.

Les examens complémentaires prescrits en cas d’artérite des membres inférieurs

Pour dresser un bilan plus complet, le médecin traitant fait appel à divers spécialistes : cardiologue, radiologue, médecin et chirurgien vasculaires (spécialistes des vaisseaux sanguins), etc.

L’écho doppler artériel des membres inférieurs

Il confirme le diagnostic d’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs. Cet examen indolore permet de déterminer :

  • l’emplacement des lésions dans l’artère, leur nature (athéromeathérome
    Lésion sous forme de plaque au niveau de la paroi interne des artères provoquée par l'accumulation de graisses et de dépôts calcaires.
    , thrombosethrombose
    Formation d'un caillot dans un vaisseau sanguin.
    ) et leur étendue ;
  • l’état de la paroi des artères et le calibre (diamètre) de celles–ci  ;
  • la qualité du flux sanguin dans les artères, en particulier en aval de la lésion ;
  • la présence éventuelle d’un anévrismeanévrisme
    Dilatation localisée d'une artère.
    de l’aorte abdominale.

D’autres examens en cas d’intervention chirurgicale prévue

Lorsqu’une intervention chirurgicale est envisagée, des examens complémentaires sont nécessaires.

  • La mesure transcutanée de la pression en oxygène (TcPO2) s’effectue à l’aide d’un appareil posé sur la peau, au niveau du pied. Elle sert à définir le degré d’ischémie de cette partie du corps. La valeur normale est d’environ 60 mm de mercure (Hg). Entre 35 et 60 mm Hg, l’artériteartérite
    Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
    est dite "bien compensée". En dessous de 35 mm Hg, il y a une hypoxie (manque d’oxygène) continue dans les tissus musculaires.
  • L’artériographie des membres inférieurs (examen radiologique), l’angio–scanner et l’angio–IRM sont des examens d’imagerie médicale, servant à explorer le système artériel. Ils permettent de confirmer :
    • l’emplacement de la lésion artérielle,
    • sa nature (sténosesténose
      Rétrécissement pathologique permanente du calibre d'un organe, d'un orifice ou d'un canal.
      par plaque d’athéromeathérome
      Lésion sous forme de plaque au niveau de la paroi interne des artères provoquée par l'accumulation de graisses et de dépôts calcaires.
      ou thrombosethrombose
      Formation d'un caillot dans un vaisseau sanguin.
      ),
    • son étendue,
    • l’état des artères situées en aval,
    • la présence éventuelle d’une circulation collatérale (dilatation des vaisseaux autour de l’artère touchée, permettant au sang de contourner la zone lésée) et son degré de développement.

Pour réaliser ces examens, on introduit un cathéter (sorte de petit tuyau) dans l’artère fémorale, à partir d’une ponctionponction
Geste qui consiste à introduire une aiguille dans une partie du corps afin de prélever du tissu, du liquide ou du sang, en fonction du type d'analyse à réaliser.
dans le pli de l’aine. Ce cathéter est remonté jusque dans l’aorte, où un produit de contraste est ensuite injecté permettant la visualisation des anomalies des artères. Pour l’artériographie et l’angio–scanner, on utilise un produit iodé. En cas d’allergie à l’iode, on réalise un angio–IRM, pour lequel on emploie un produit à base de gadolinium (métal appartenant au groupe des terres rares).

Le bilan de la maladie artérielle

Lors du bilan initial d’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs, on recherche aussi l’existence d’autres lésions artérielles pouvant atteindre tous les organes. Le bilan comporte un examen clinique complet (prise de tension artérielle, palpation de tous les pouls...) et des examens complémentaires.

  • La prise de sang permet d’effectuer :
    • une numération formule sanguine (NFS) avec plaquettes,
    • un dosage de la créatininémie, afin d’étudier la fonction rénale,
    • une glycémie à jeun pour dépister un éventuel diabète,
    • un bilan lipidique (dosage des cholestérol total, HDL–cholestérol, LDL–cholestérol, et triglycérides).
  • L’examen des urines sert à rechercher une protéinurie (présence de protéines dans les urines), présente en cas d’atteinte rénale.
  • L’échodoppler d’autres artères (carotides au niveau du cou, coronaires au niveau du cœur…) est indiqué pour vérifier si elles ne sont pas atteintes par l’athérosclérose.
  • Un électrocardiogramme (enregistrement de l’activité électrique du cœur) et/ou un échodoppler cardiaque permet de repérer une atteinte des coronaires, le cas échéant.
À RETENIR

Les symptômes d’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs varient d’un individu à l’autre et dépendent habituellement de la sévérité de la maladie. Un dépistage précoce contribue à améliorer la prise en charge et prévient les complications. Les personnes qui présentent au moins un facteur de risque cardio–vasculaire devraient se faire examiner systématiquement :

  • tous les 5 ans après 50 ans ;
  • après 40 ans en cas de diabète ;
  • quel que soit l’âge, si le diabète évolue depuis plus de 20 ans, en présence d’autres facteurs de risque associés.

L’évolution de l’artérite des membres inférieurs

Diagnostiquée tôt et avec un traitement bien conduit, l’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs se stabilise. Les symptômes s’atténuent, et la qualité de vie au quotidien s’améliore. Toutefois, des complications peuvent survenir :

  • soit progressivement (en particulier si les facteurs de risque ne sont pas contrôlés). L’obstruction progressive des artères peut conduire à la gangrènegangrène
    Mort d’un tissu, par absence d’apport d’oxygène, liée à l’obstruction d’une artère.
    . Cette dernière peut nécessiter une amputation si elle n’est pas traitée à temps ;
  • soit soudainement. La thrombosethrombose
    Formation d'un caillot dans un vaisseau sanguin.
    aigüe (formation d’un caillot de sang qui bouche l’artère et provoque une ischémie aigüe du membre) doit être traitée d’urgence à l’hôpital, par thrombolytiques (médicaments visant à détruire le caillot).
Sources
  • Collège des Enseignants de Médecine vasculaire et de Chirurgie vasculaire. Artériopathie oblitérante de l'aorte et des membres inférieurs. Site internet : UNF3S. Lille (France) ; 2011 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Marchand C. Artériopathie chronique obstructive des membres inférieurs (ACOMI). Site internet : Besançon–cardio.org. Besançon (France) ; 2001 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide affection longue durée – Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations – Affection de longue durée – Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 2 octobre 2015]
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INFO PRATIQUE

L’artériteartérite
Altération des parois artérielles aboutissant à une diminution de la lumière artérielle, quelle que soit la cause (athérome, maladie inflammatoire...).
des membres inférieurs peut être reconnue "affection de longue durée" (ALD). Dans ce cas, les examens et soins en lien avec cette maladie sont pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

Consulter le site ameli.fr pour connaître les démarches liées à la reconnaissance en ALD

LIEN UTILE

Pour en savoir plus sur l’écho-dopplerécho-doppler
Examen qui permet de visualiser l'aspect des vaisseaux et d'explorer la façon dont le sang circule dans ces vaisseaux.
artériel des membres inférieurs, consulter le site amelisophia.